对于研究的职业化,哲学机构如果不能解决的话,至少也不应该帮腔去将它神秘化。
A terme, et selon des voies difficiles à décrire, elle passe aussi par ce qu’on appelle le travail, la création, l’écriture, et non seulement par des formes juridiques. Mais nous avons prévu des dispositifs originaux qui devraient assurer une déontologie aussi rigoureuse que possible. Par exemple, il n’y aura aucune chaire, aucun poste permanent, seulement des contrats de durée relativement brève. Donc: structure légère, collégialité, mobilité, ouverture, diversité, priorité aux recherches insuffisamment «légitimées», justement, ou trop peu développées dans les institutions françaises ou étrangères; cela suppose une exploration théoricoinstitutionnelle difficile, permanente, tournée vers le dehors et vers le dedans...
Mais le Collège restera une institution paradoxale et singulière: absence de chaire, présence d’étrangers dans les instances de réflexion et de décision aussi bien que dans les groupes de travail; sélection rigoureuse des projets de recherche dans un lieu qui pourtant ne deviendrait pas un «centre d’études avancées» aristocratique et fermé, ni même un centre d’enseignement supérieur; ouverture aux performances techniques et artistiques; recrutement sans considération de titre académique; intérêt constant pour les problèmes de l’enseignement primaire et secondaire qui seront traités aussi par les premiers intéressés, etc. Je ne peux citer ici toutes ces nouvelles dispositions et tous les projets déjà élaborés. Mais en soulignant ce qui distingue le CIPH d’autres institutions fondamentales et indispensables, je ne parle pas d’extériorité, encore moins de rivalité. Nous ferons tout pour que le CIPH devienne un instrument supplémentaire à la disposition d’autres institutions (universités, lycées, collèges, EHESS, Hautes Études, Collège de France, CNRS, etc.), comme de ceux qui travaillent hors institution, bref un lieu ouvert aux essais, aux explorations, aux rencontres et aux débats.
Tout en développant une réflexion déjà engagée, nous essaierons d’expérimenter de nouvelles techniques, de nouveaux «supports». Cela n’exclut pas des méditations «fondamentales» sur l’art, les techniques, les sciences, la religion, l’éthique, sur tant de thèmes apparemment classiques, et même sur l’opposition reçue entre recherche «fondamentale» et recherche dite «finalisée», sur la politique de la recherche ou la professionnalisation des études. Problèmes plus redoutables et plus urgents que jamais. Ils communiquent avec les graves difficultés de l’enseignement philosophique, dans les lycées et à l’université. À elle seule, l’existence du Collège ne peut les résoudre, bien sûr, mais elle ne les occultera pas, elle ne nous en détournera pas, au contraire. Nous y sommes tous déterminés. Bien des membres du Collège (à l’université et dans les lycées où ils enseignent encore) se sont battus et le font toujours pour l’extension de l’enseignement philosophique.